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Cette galerie propose des images satiriques, dessins de presse, caricatures,  cartoons, karikaturen, auxquels sont associés les mots-clef suivants : monnaies et médailles commentées, classées par ordre alphabétique et que l'on retrouve dans les galeries thématiques quand elles existent.

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Médaille satirique anti-pape
Moulage Alliage non défini, 36,5mm, 16,88g
Avers :
ECCLESIA PERVERSA TENET FACIEM DIABOLI
(L'Église perverse a le visage du diable) Perversa est en même temps un jeu de mot puisqu'il signifie « entièrement retourné ». Dans un sens, profil de gauche du Pape. De l'autre, profil de droite du diable. Le bas du visage de l'un sert à faire le haut du visage de l'autre.
Revers :
SAPIENTES STULTI ALIQUANDO
(Les sages sont quelquefois des imbéciles). Dans un sens, profil de gauche d'un Cardinal, de l'autre profil de droite du bouffon.
Ces moulages ont été réalisés en Allemagne au moment du concile de Trente en 1545. Ce concile formait la réponse de Rome à la Réforme du christianisme impulsée par Luther.


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1685 Révocation de l'édit de Nantes
Médaille en cuivre ; 47mm ; 56g
La pièce a été réalisée à l'occasion du bicentenaire.

Avers : Dans le cercle, une torche dans la main droite, un couteau dans la gauche, un moine s'active pour détruire les Huguenots. Autour de lui, de gauche à droite : un pilori, un bûcher, un chevalet pour l'écartèlement. Au fond, une maison brûle. Aux pieds du moine : un fouet et divers instruments de torture. En légende : REVOCATION OF THE EDICT OF NANTES. MORT AUX HUGUENOTS MISERERE MEI DEUS 1685

Revers : Dans le cercle, sous un aigle, une « Biblia Sacra » est tenue par deux anges.
En légende : IN COMMEMORATION OF THE REVOCATION OF THE EDICT OF NANTES BY THE HUGUENOT CHURCHES LONDON 1885. Ligne du dessous : IN CHRISTO VIVA ET LIBERTA / DEUS NOSTER REFUGIUM VENITE EXULTAMUS

L'Eglise catholique, relais du pouvoir royal dans la surveillance des conscience, n'avait aucune prise sur les protestants qui étaient nombreux dans certaines régions. Ceux-ci, nobles et surtout bourgeois devenaient aussi une puissance politique adossée à un rôle économique montant. Le Roi Louis XIV a alors voulu régler le problème en éradiquant cette branche de la religion chrétienne. La médaille commémore les massacres ayant conduit à l'exode les huguenots français.


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1720 Satire du système Law
Médaille de J(oseph) C(harles) Roettiers
Avers : le Dieu Momus sur un nuage, tient un sceptre en forme de fou. En légende : RIDERE REGNARE EST. « Rire, c'est régner ».
Revers : Deux singes, celui de gauche habillé en noble, l'autre en ecclésiastique, entourent deux cornes d'abondance d'où s'échappent de la fumée. Entre les deux cornes, un blason avec un fou surmonté de la Lune sous trois phases (premier quartier, pleine Lune, dernier quartier). Au dessus un chat sous une girouette. En légende LUNA DUCE AUSPICE MOMO « La Lune dirige les auspices de Momus ».
La médaille a été frappée par le Régiment de la calotte. Il s'agissait d'une société de chansonniers fondée en 1702 par Phillipe Emmanuel de La Place de Torsac et Étienne Isidore Théophile Aymon. La calotte qui donne son nom à ce groupe satirique, correspond à la calotte en plomb, dont on disait autrefois qu'il fallait coiffer celui qui avait la tête légère pour lui maintenir les idées en place.
La satire vise le système Law, riche écossais, ministre des finances et qui considérait que l'argent n'est qu'un moyen d'échange pouvant être remplacé par des symboles garantis par l'Etat. Son système a entraîné une des premières bulles spéculatives autour des actions émises adossées aux terres des possessions françaises d'Amérique du Nord.


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2 Sols 1792 B ou R
Le printemps 1792 voit l'affrontement entre les tenants de la monarchie constitutionnelle autour de La Fayette et les Girondins. Les enjeux : la nomination d'une Garde Nationale de 20 000 hommes sur Paris et la conduite de la guerre. Louis XVI, utilisant son droit de Veto, bloque tous les décrets des ministres girondins, les congédie et nomme un nouveau ministère autour de La Fayette. Les Girondins favorisent alors une manifestation pour le 20 juin, anniversaire de l'arrestation du roi à Varennes,. « Les faubourgs, conduits par Santerre et par Alexandre, se rendirentà l'Assemblée d'abord, au château ensuite, pour protester contre le renvoi des ministres patriotes, .contre l'inaction de l'armée et contre le refus de sanction des décrets. » Mathiez « La Chute de la Royauté »1922. « Les émeutiers envahirent le château et conspuèrent le monarque qui se trouvait dans la salle de l'Oeil-de-boeuf. Pétion, le Maire de Paris, parvint à les calmer mais Louis XVI dut coiffer le bonnet rouge et boire à la santé de la Nation. Il priât ensuite les insurgés de visiter les appartements d'apparat où, dans la chambre du conseil, le peuple découvrit Marie-Antoinette et le dauphin. A son tour la Reine dut se prêter à la cérémonie du bonnet rouge puis le placer sur la tête de son fils. » Le roi néanmoins refusa de sanctionner les décrets et de rappeler les ministres girondins.

On retrouve la trace de cet événement dans cette 2 sols regravée. On distingue le bonnet qui coiffera la Marianne de Dupré. On remarquera les trois pointes (la Dupré n'en a que deux) et la moustache qu'on ne sait pas expliquer pour le moment.

Le bonnet était symbole de liberté et faisait partie de l'habillage du Sans-Culotte. Dans la Rome antique, le bonnet ne pouvait être porté que par les hommes libres. Et la cérémonie de l'affranchissement d'un esclave se concluait par la remise d'un bonnet qui symbolisait sa délivrance.


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12 deniers au bonnet. 1791, an 3 de la liberté. Louis XVI effacé à l'avers
Métal de cloche 28,5mm 11,60g

Dans la France révolutionnaire de 1793, le bonnet s'impose comme un signe extérieur d'engagement pour la révolution. L'origine se trouve dans la Rome antique. Le bonnet ne pouvait être porté que par les hommes libres. D'ailleurs, la cérémonie de l'affranchissement d'un esclave se concluait par la remise d'un bonnet qui symbolisait sa délivrance. Quand la Révolution française éclate, la mode était au gréco-romain et cette symbolique a été reprise et amplifiée.

Ce 12 deniers portait sur l'avers le portrait de Louis XVI. La personne qui a effacé son portrait a ensuite regravé sommairement un bonnet avec une cocarde. Cette substitution apparaît hautement symbolique de la chute de la royauté. Les monnaies à l'effigie de Louis XVI continuant à circuler (et même à être frappées après son exécution), ce révolutionnaire anonyme attirait peut-être l'attention sur le fait qu'il fallait aussi faire la révolution sur la monnaie.


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1792 Propagande pour la guillotine
En haut, monnaie non modifiée Sol aux balances 1793 D (atelier de Lyon) An II, 29mm; 11,68g
En bas, monnaie modifiée ; 1793AA (atelier de Metz) An II ; 29mm ; 11,95g

Après la chute de Louis XVI, se posait le problème du sujet à faire figurer sur les monnaies qui allaient inévitablement être frappées. Comme il s'agissait de décisions hautement politiques et que toute décision et réalisation prend du temps (fabrication des essais, choix), les ateliers vont continuer à frapper des monnaies à l'effigie de Louis XVI avec la date 1793 (alors même que depuis août, le monarque avait perdu son statut de roi et que son exécution a lieu le 21 janvier 1793).
C’est finalement une représentation éthérée de la République en la personne de Marianne munie de quelques symboles républicains qui triomphe pour la monnaie d’alors. Mais auparavant, les révolutionnaires réalisent une pièce qui porte un véritable programme : un sol dit « aux balances ».
Sur l'avers de ce sol, les balances de la justice sous le bonnet phrygien de la liberté. Autour LIBERTE EGALITE. Au revers, REPUBLIQUE FRANÇOISE et une table de loi sur laquelle est inscrit : « LES HOMMES SONT EGAUX DEVANT LA LOI ».

Sur la monnaie modifiée, le graveur anonyme a inscrit son propre programme et son parti. Son programme : la guillotine. Son parti celui de Marat qui, dans son journal « L'AMI DU PEUPLE », bataillait pour qu'elle serve à éliminer les tenants de l'ancien régime. On admirera la minutie dans le dessin de l'échafaud.


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Médaille satirique sur l’exécution de Marie-Antoinette. 1793
Argent 30,5mm 9,33g

Avers : Portrait de Marie Antoinette à gauche. MARIE ANTOINETTE REINE DE FRANCE   LOOS graveur
Revers : Figuration satirique de la justice républicaine : une femme décharnée, en haillons, les seins pendant, tient des balances où le glaive l’emporte sur la couronne. I’ACCUSE IE IUGE I’EXTERMINE. En dessous : LE XVI OCTOBRE MDCCXCIII


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Contremarque dite au tigre sur une 5 Francs 1811 Empire français
Argent 37mm 24,64g

Un nombre important de 5 francs à l'effigie de Napoléon Ier ont été contremarquées. Il semblerait que cette contremarque représente un tigre en prison et qu'elle ait été réalisée après le retour de l'île d'Elbe par l'opposition royaliste. Un poinçon sur l'œil, aveugle également Napoléon.


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1815 Napoléon à Sainte Hélène
Médaille en cuivre. 27,5mm 5,07g

On a coutume de dire « le rocher de Sainte Hélène » tant l'endroit est aride. Cette médaille a été frappée par les Hollandais. Les habitants des actuels « Pays Bas » n'ont pu retrouver leur indépendance qu'à la faveur de la chute impériale.
On y voit à l'avers, Napoléon sur un rocher entouré d'eau se demandant « WAAR ZAL IK ONTKOMEN », « COMMENT JE VAIS M'ECHAPPER ? ». Au revers, « BONAPARTE OP ST HELENA », « BONAPARTE SUR STE HELENE » une façon de lui dénier le titre d'empereur en revenant à son patronyme.


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1828 Charles X en curé sur une 1 Franc
Argent. 23Mm 4,96g

Charles X a été éduqué dans la vénération de l'Eglise. A la fin de son règne, une opposition libérale va s'appuyer sur cet aspect pour mener campagne contre lui en transformant une quantité importante de pièces d'argent. Les républicains coiffaient le monarque d’une calotte de curé, et l’affublaient également d’un rabat de soutane. Sur cette pièce, un nez proéminent a été tenté sans succès.
Après la chute de Charles X, des écus de 5 Francs vont être modifiés de la même façon mais avec quelques ajouts supplémentaires : une langue qui sort (pour l'hostie), un nez aquilin et une légende transformée par ajout d'un E devant le X de CHARLES X, ce qui fait CHARLES EX ROI DE France.


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1836-1840 Strasbourg Boulogne
Bouton en cuivre. 28mm ; 4,40g ; uniface.

Louis-Napoléon Bonaparte, depuis la mort de son ainé et du Duc de Reischtag se considère comme l'héritier de la lignée impériale. Sentant la royauté chancelante, il se prépare à la conquête du pouvoir.
Le 30 octobre 1836, habillé en officier supérieur, il tente de soulever la garnison de Strasbourg et espère ensuite marcher sur Paris sur le modèle du retour de l'île d'Elbe. Il a pour cela quelques appuis mais l'opération tourne court et Louis-Napoléon Bonaparte et ses partisans sont arrêtés.
Louis-Philippe l'exile alors vers les Etats-Unis. Il aura plus tard ce mot : « Ce n'est pas dans le Nouveau monde mais dans l'autre que j'aurai dû l'envoyer ».
Louis-Napoléon réédite l'opération en traversant la Manche avec une cinquantaine de partisans et un aigle. Le 5 août 1840 il débarque à Boulogne. L'aventure se termine par la confrontation avec la troupe en poste à Boulogne, le coup de feu qui blesse l'officier qui la commande et l'emprisonnement de toute l'équipe de conjurés.
Ces deux tentatives de coup d'Etat sont inscrites sur ce bouton satirique. Louis-Napoléon Bonaparte y est caricaturé en hanneton. Allusion à l'animal nuisible qui a dévoré les fruits démocratiques. Il a les attributs guerriers de l'oncle : le bicorne et les bottes.
Le bouton a sans doute été fabriqué après la chute de Napoléon III, au moment où toute cette numismatique autour de la défaite de Sedan a déferlé. Un certain nombre de boutons ont en effet été fabriqués à l'époque sur le même modèle. Il reprend une image utilisée sur des médailles satiriques de l'époque présidentielle, en 1850.


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1848 Chute de Louis Philippe
Médaille satirique anti Louis Philippe
1848 Cuivre 27,5mm 8,53g

Louis Philippe mendie, assis sur des sac de pièces (d'or on présume). Son visage est déformé (en forme de poire ?). Des excréments en guise de cheveux. A ses cotés son ex-premier ministre, Guizot, soutient sa demande au son du violon. Au revers, la légende a double signification explique sa richesse. "Il ne voulut jamais que le bien de tous" se comprend au sens qu'il a voulu s'accaparer les biens de tous.


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1848 Satirisation du Marais par la Montagne
Médaille en étain coulé ; 40mm ; 13,70g
Série parisienne Collignon n°1040

Avers : RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE SOCIALE ET UNIVERSELLE.
Dans le champ cerclé : LA MONTAGNE DE 1848 en deux lignes entre COURAGE et HONNEUR.
En illustration : montagne, timbrée du niveau, entouré du bonnet et des mains unies, gardée par un lion. Dessous, en trois lignes, CHACUN POUR TOUS TOUS POURCHACUN.

Revers : REPUBLIQUE DU CAPITAL * PRIVILEGE *.
Dans le champ cerclé : LE MARAIS DE 1848 RIEN RIEN RIEN en trois lignes.
En illustration : grenouilles coassant. Dessous CHACUN CHEZ SOI CHACUN POUR SOI (sic) en trois lignes

Avant que les termes « Gauche » et « Droite » ne s'impose en politique pour représenter les courants de pensée les uns par rapport aux autres, l'usage était d'utiliser « Montagne » et « Marais », reflétant ainsi la disposition des élus sur les bancs de l'Assemblée. Ce qu'on appellerait aujourd'hui « la gauche » se trouvant en haut et « la droite » en bas. Un médailleur « montagnard » (ou « de gauche », comme on voudra) a utilisé cette symbolique pour satiriser l'adversaire.


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1848 Les dirigeants se succèdent rapidement dans l'année 48
Médaille en laiton 32mm ; 19,17g
Référence au Collignon n°1053 de la série parisienne de 1848

Avers  : Galerie de quatre personnages. En tête, l'ex Roi Louis-Philippe avec un chapeau abîme, un magot à la main. Vient ensuite Lamartine reconnaissable à sa Lyre. Il dirige le gouvernement provisoire jusqu'aux journées insurrectionnelles réprimées par l'armée. Le 28 juin, il démissionne de l'exécutif et laisse la direction au Général Cavaignac qui a commandé la répression. On reconnaît Cavaignac à ses deux sabres et à ses éperons. Investi de pouvoirs quasi-dictatoriaux, Cavaignac réprime, interdit les journaux, déporte les insurgés. Il échoue aux élections présidentielles du 10 décembre, remportées par Louis Napoléon Bonaparte, représenté là avec les attributs guerriers de son oncle : manteau, bicorne, bottes munies d'éperons, longue vue et aigle. Après cette succession de coups de pieds aux fesses, l'auteur de la médaille conclut : LA SUITE PROCHAINEMENT. Il se trompait....

Revers : LA MAXIME ÔTE TOI DE LA QUE JE M'Y METTE SERA SUPPRIMÉ QUAND ON TRAVAILLERA SINCÈREMENT POUR LE PEUPLE 1848
Espérance populaire en des représentants... qui les représentent vraiment.


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1849 Liberté point CS2172
Médaille construite autour d'une 1 Franc dite Oudiné (du nom du graveur, inscrit en dessous du portrait)
Etain, 47mm; 23,61g

Il s'agit d'un commentaire satirique de la pièce de monnaie frappée par la deuxième République.
Avers, « Où dinez sous la République ? » (jeu de mot à partir du nom du graveur sous le portrait de Cérès figurant la république). La légende de la médaille répond « à la belle étoile. ». Sous-entendu, la misère continue de régner.
Revers : « Liberté point. Egalité point. Fraternité point » Autre commentaire satirique résultant de l'observation de la monnaie où effectivement un point sépare les trois mots de la devise républicaine. Autrement dit : la devise ment.
A rapprocher d'une autre médaille satirique de 1848 « Liberté, Egalité Fraternité. Monument vous mentez » (on complète la devise par une expression se terminant par « té ».)


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1857 Médailles de Sainte Hélène et de Waterloo
Médaille de Sainte Hélène : bronze, 50mm de haut (sans l'anneau), 31mm de large, 28,92g
Médaille de Waterloo : Etain, 35,5mm, 12,98g avec bélière

Par un article de son testament, Napoléon Ier constituait une somme à l'aide de laquelle les soldats survivants de ses armées seraient pensionnés et décorés d'une médaille spéciale dite de Sainte Hélène. Cet article resta dans l'oubli jusqu'à ce que Napoléon III, par décret fasse frapper une médaille.
Environ 400 000 soldats en bénéficièrent. Les gamins de Paris la surnomèrent la contremarque « du Père Lachaise », du nom du cimetière parisien.
On doit cette médaille à Barre. Par la suite, les médailles militaires reprendront les couleurs du ruban.
En Belgique, Félicien Rops frappa une médaille pour satiriser l'engouement manifesté par nombre de ses compatriotes qui se précipitèrent pour se signaler à l'Etat français.
Sur l'avers, le « Médaille de Waterloo » répond à « Médaille de Sainte Hélène »
Un vieux grognard étale ses handicaps, « revers de la médaille » de la gloire passée et résultat des boucheries impériales successives : un bras, une jambe, un oeil en moins. Avec comme commentaire : DU DERNIER DES CHAUVINS VOILÀ TOUT CE QUI RESTE
Au revers, la formule « A SES COMPAGNONS DE GLOIRE, SA DERNIERE PENSEES » de la médaille napoléonienne devient « A SES COMPAGNONS DE RACLEE, SA DERNIERE PAROLE... signé CAMBRONNE ». Sous-entendu, l'Empereur dit un MERDE méprisant à ceux qui ont si bien défendu ses intérêts au prix de leur intégrité physique. Au milieu : REVERS DE LA MEDAILLE (de la gloire passée s'entend).


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1868 Médaille de Mentana
Cuivre 26mm ; 6,6g

La bataille de Mentana correspond à un revers des nationalistes italiens dans leur lutte pour l'unité de la péninsule. Le 3 novembre 1867, l'armée française et les régiments suisses du pape Pie IX y mirent en déroute une troupe de 7000 volontaires levées par Garibaldi.
Au soir de cette bataille, le général Failly télégraphi à Napoléon III cette phrase sinistre, restée célèbre : « Sire, nos fusils chassepot ont fait merveille!" »
Une médaille va être frappée en Belgique pour dénoncer cette opération militaire.
Avers : Napoléon III est caricaturé en démon à queue, nu dans ses bottes, avec le bicorne de son oncle. Petit détail : une croix chrétienne l'orne. A ses pieds, des crânes et d'autres ossements. En arrière plan, des canons et des faisceaux de baïonnettes en guise de rayons de soleil. En légende : « * NOS FUSILS CHASSEPOT ONT FAIT MERVEILLE * FETICHE HIDEUX, FLEAU DES PEUPLES »
Revers : Deux dates. En haut, 1789, dans les rayons du soleil. Au dessus, la devise « LIBERTE EGALITE FRATERNITE ». En bas 1868 dans des nuages. En dessous, la formule «CHAUVINISME FETICHISME CESARISME » fait écho à la devise révolutionnaire.
Entre les deux dates : « O FRANCE QUI ENFANTA LA LIBERTE, TU L'IMMOLES LÂCHEMENT AUJOURD'HUI SUR L'AUTEL DU DESPOTISME »


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1868 Satires croisées de Napoléon III et du Pape
En bas à droite monnaie non modifiée : 5 Francs 1852A LOUIS NAPOLEON BONAPARTE   37mm ; 24,88g en argent
En bas à gauche, même type monétaire modifié ; 24,56g
En haut à droite, monnaie non modifiée : 2 LIRA 1867 (AN XXII du règne de Pie IX) PIUS IX ; 30,5mm ; 12,19g
En haut à gauche monnaie modifiée :  2 ½ LIRA 1867 (AN XXI du règne) 27,5mm ; 9,86g en argent. Bélière.

La bataille de Mentana correspond à un revers des nationalistes italiens dans leur lutte pour l'unité de la péninsule. Le 3 novembre 1867, l'armée française et les régiments suisses du pape Pie IX y mettent en déroute une troupe de 7000 volontaires levées par Garibaldi.
Au soir de cette bataille, le général Failly télégraphie à Napoléon III cette phrase sinistre, restée célèbre : « "Sire, nos fusils chassepot ont fait merveille!" »
Une médaille va être frappée en Belgique pour dénoncer cette opération militaire.
Il y aura aussi, suite à cet événement un double mouvement de satirisation en France et en Italie.
En France, des 10 et 5 centimes vont être modifiées sommairement par des inconnus. Le plus souvent une calotte va être ajoutée au portrait de Napoléon III. Parfois une corde au cou, un poignard à travers la gorge ou un trait de décapitation.
Des graveurs professionnels, qu'on ne sait pas aujourd'hui localiser, vont transformer des monnaies avec un savoir-faire et un luxe de détails impressionnants. Ainsi cette 5 Francs Louis-Napoléon Bonaparte, encore en circulation 16 ans après sa frappe et sur laquelle le graveur a jeté son dévolu. Le portrait est transformé avec comme modèle les monnaies frappées dans les Etats du pape, dont Napoléon III a prolongé l'existence. Une calotte a été gravée ainsi qu'un manteau dont l'ornementation chargée reproduit grosso modo celle que l’on retrouve sur les Lira.
L’idée consistait à sous entendre que le vrai pape, c'était Napoléon III.
Une vague de satirisation analogue touchera les monnaies papales. Les graveurs professionnels s'attacheront à le dépeindre en riche bourgeois et à lui enlever les attributs de souverain pontife.
Un trou pour faire une bélière montre que cette 2 lire ½ était portée publiquement. Probablement pas dans les Etats du pape, mais plus sûrement dans le reste de l'Italie presque unifiée.


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1870 Monnaies modifiées au caque à pointe
Deux monnaies de 10 centimes, Napoléon III tête nue. Celle du haut non regravée 30,5mm, 10g
Celle du bas regravée : 9,01g

A la suite de la défaite de SEDAN, se lève un formidable mouvement d'hostilité à Napoléon III. Il est considéré comme le responsable de cette défaite. Il est vrai qu'il avait choisi de monter en première ligne et que c'est lui qui déclare la reddition à Guillaume Ier.
Ayant son portrait sous les yeux à l'occasion de chaque transaction commerciale, certains vont manifester leur hostilité sur les pièces de monnaies. L'essentiel des transformations sur les monnaies visent à dénoncer le chef d'Etat déchu (suite au 4 septembre 1870) comme un traître ayant passé à l'ennemi. La preuve, il s'adresse à Guillaume Ier comme à un frère lors du télégramme où il rend symboliquement son épée.
Avers : Napoléon III affublé d'un casque à pointe grossièrement dessiné et d'une cigarette. La légende est effacée. Une façon de lui dénier le titre d'empereur, le prénom de son auguste oncle, et même la qualité de français.
Revers : Tout est effacé, la symbolique guerrière de l'aigle comme le reste. Reste « MORT AU TRAITRE ».


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1870 Contremarques SEDAN sur les monnaies
10 centimes 1861K (atelier de Bordeaux) Napoléon III tête laurée : Bronze ; 30mmm ; 9,54g (poids théorique 10g)

La reddition de SEDAN va avoir un très fort impact sur la population française. Le sentiment d'humiliation va être énorme et la responsabilité sera tout entière portée sur Napoléon III. Il est vrai qu'il avait choisi de monter en première ligne et que c'est lui qui déclare la reddition à Guillaume Ier.
Ayant son portrait sous les yeux à l'occasion de chaque transaction commerciale, certains vont manifester leur hostilité sur les pièces de monnaies. L'une des formes d'exécration contre le « tyran » déchu consiste à  frapper « SEDAN » sur le portrait de Napoléon III. Sans doute les premières contremarques ont-elles été faites lettre à lettre, mais rapidement des poinçons ont dû être fabriqués de façon à frapper de grandes quantités de monnaies, remises ensuite en circulation. Presque tous les divisionnaires vont y passer depuis les 5 centimes jusqu'aux 5 francs.


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1870 Les médailles 80 000 prisonniers
En bas médaille en laiton : 27mmm (module de la 2 Francs) ; 7,67g
En haut 5 centimes Napoléon III tête nue ; Bronze ; 25mm ; 5,10g (Poids théorique 5g)

Avers : NAPOLEON III LE MISERABLE * 80 000 PRISONNIERS
Dans le cercle, Napoléon III coiffé d'un casque à pointe prussien. Collier marqué SEDAN auquel est rattaché une chaîne. Il fume une cigarette.

Revers : VAMPIRE DE FRANÇAIS * 2 DECBRE 1851 – 2 SEPTBRE 1870
Dans le cercle, une chouette, ailes déployées, se tient debout sur un canon garni de foudres.

La frappe des médailles est très probablement postérieure à l'apparition de regravures et de contremarques SEDAN. Des médailleurs ont trouvé là un créneau commercial de nature politique en reproduisant en médaille la satire populaire. Comme elle imite les regravées, elle en garde le principe : un avers avec un portrait et un revers avec un oiseau symbolique auquel on adjoint un EMPIRE FRANÇAIS transformé en VAMPIRE FRANÇAIS. En prime, on trouve l'un des principaux griefs suite à SEDAN : les 80 000 prisonniers... toute une armée.


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1870 Napoléon III Son ignorance et son incapacité...
Médaille en étain doré. 50,5mm ; 63g
En haut 10 centimes Napoléon III tête nue 1856MA

Avers de la médaille: NAPOLEON III LE MISERABLE x 2 XBRE 1851 - 2 7BRE 1870
Rappelle la date du coup d'Etat et celle de la défaite de SEDAN. Napoléon III est coiffé d'un casque à pointe. Il porte au col un collier muni d’un anneau sur lequel on peut lire « SEDAN », ce qui correspond au fait suivant : au moment de la frappe de la médaille, NIII est prisonnier des allemands.

Revers de la médaille : SON IGNORANCE ET SON INCAPACITÉ L'ONT CONDUIT A DÉCLARER LA GUERRE
L'OISEAU DES TENEBRES LE GUIDAIT
L'oiseau porte le bicorne de Napoléon. Ce n'est plus un aigle mais un oiseau de nuit. Il est en équilibre instable sur deux canons. La médaille reproduit les caractéristiques des monnaies de faible divisionnaires frappées par Napoléon III avec à l'avers son portrait et au revers un aigle déployé.


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1870 Napoléon le Petit
En bas, médaille en laiton ; 17,5mm ; 1,95g
En haut monnaie de 1 centime d'euro
La présence de la monnaie permet de visualiser l'échelle.

Victor Hugo, dans ses pamphlets satiriques contre Napoléon III, avait coutume d’appeler le « tyran », « Napoléon le petit ». Il l'opposait à « Napoléon le Grand » dont il était un fervent admirateur (cf le poème « Waterloo, Waterloo, Waterloo, morne plaine... »). L’homme de lettres exprimait ainsi d'une part les limites d'un républicanisme nostalgique d'un régime autocratique, d'autre part la nostalgie d'une France glorieuse, étendue grâce aux conquêtes militaires d’un général aux commandes de l'Etat.
C'était aussi le sentiment répandu, au moins dans les villes. Ce sentiment républicain, par son espérance démocratique, a fait chanceler le régime, dans ses dernières années, mais aussi l'a poussé à déclarer la guerre en espérant que des conquêtes militaires lui permettrait d'éviter sa chute.
Napoléon III tentera d'ailleurs d'imiter son oncle en allant sur le front, mais évidemment, sans le talent militaire de son parent. C'est ainsi qu'il se fera piéger, avec son armée, à SEDAN.
Une partie des charges satiriques qui s'ensuivront, le caractériseront comme traître. Les versions plus modérées, comme cette médaille, lui reprocheront en fait d'avoir chaussé des bottes trop grandes pour lui et d'avoir entraîné la France dans sa chute.
Le choix de frapper une médaille sur un flan intermédiaire entre la 1 et la 2 centimes de l'époque a pour but de mettre en relief la petitesse du personnage.

Avers : Portrait à gauche de Napoléon III, comme sur les monnaies en bronze. Il est coiffé d'un casque à pointe et porte un collier sur lequel est gravé SEDAN. Il fume la cigarette. La légende, inspirée de Victor Hugo vise « NAPOLEON LE PETIT ».

Revers : EMPIRE FRANÇAIS 2 DEC. 1851. 2 SEP. 1870
Un commentaire sur ces deux dates précise : FONDÉ PAR LE CRIME ET TOMBÉ PAR LA LACHTÉ. Il y aura plusieurs refrappes de la médaille. Les frappes ultérieures corrigeront l'erreur d'orthographe.


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1870 Napoléon III au pilori
En haut plaque en laiton 38mmx22mm ; 7,24g ; montée en bouton
En bas carte de voeux. La photo fait 80mm x 46mm. Cartonné.

Sur la carte, les attributs impériaux trainent devant le supplicié : sceptre, courronne, aigle. Un hibou de mauvais augure est perché sur le pilori. AD VITAM AETERNAM (pour l'éternité) AMEN décrit la durée du supplice. De nombreux cadenas vérouillent le dispositif.
La plaque en laiton est plus simple. On n’y trouve plus que AD VITAM AETERNAM AMEN.
Utilisé au Moyen-âge, destiné à exposer un condamné à l'infamie, le châtiment du pilori n'a en fait été aboli définitivement qu'en 1832, par la loi du 28 avril. Dans ses formes plus simples on l'appelle carcan ou (en extrême Orient) « cangue ». Le terme se retrouve d'ailleurs en bas de la carte de vœu. La cangue permettait de promener le captif.


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1870 Napoléon III et Guillaume Ier en tête bêche
En bas : Médaille en cuivre ; 28mm ; 9,38g
En haut : 10 centimes 1862A tête laurée ; bronze ; 30mm ; 9,94g (poids théorique : 10g)
La monnaie de 10 centimes est là pour l'échelle et montrer que cette médaille reproduit le style monétaire des divisionnaires en cuivre (de 1 à 10 centimes) : portrait à l'avers et aigle au revers. Les légendes sont aussi satirisées.

Avers : Napoléon III et Guillaume Ier en tête bêche façon carte à jouer. Napoléon III, à l'instar des autres médailles satiriques, est coiffé d'un casque à pointe prussien. Il fume une cigarette. Les lauriers, portée par Napoléon III à partir des frappes monétaires de 1861, sont transférés à Guillaume. La légende monétaire NAPOLEON III EMPEREUR est devenu NAPOLEON III LE LACHE GUILLAUME LE CRUEL. La charge contre le roi de Prusse est sans doute dûe au fait qu'il continue la guerre malgré la chute du régime.

Revers : L'aigle du revers des monnaies est transformé un oiseau de nuit, un hibou. En équilibre instable sur des ossements croisés, il porte une couronne (elle aussi, dans une position pas très stable). Une nouvelle date apparaît : 1870-1871 (guerre franco-prussienne). Des gouttes de sang l'entourent. La légende EMPIRE FRANÇAIS a été remplacée par LES VAMPIRES DE LA FRANCE.


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1870 Napoléon III en sanglier
En bas : Médaille en cuivre ; 32,5mmm ; 12,87g
En haut : 10 centimes 1862K ; Napoléon III tête laurée ; bronze ; 30mm, 9,94g (poids théorique 10g)

Avers : Portrait à gauche d'un sanglier (ou d'un cochon) auquel le graveur a donné les attributs de Napoléon III : les lauriers présents sur les monnaies d'après 1861, la moustache abondante et la barbichette. En légende « DU PLUS GRAND DES EMPEREURS VOILÀ TOUT CE QU'IL RESTE ! », allusion à un extrait de la pièce de théâtre de Voltaire « La Mort de César ». (« Du plus grand des romains voilà ce qui vous reste »).

Revers : L'aigle monétaire est transformé en chouette. La transformation est inspirée des regravures de monnaie qui le modifiaient en effaçant la tête et en regravant une tête de chouette sur le torse de l'oiseau impérial. EMPIRE FRANÇAIS est devenu VAMPIRE DE LA FRANCE. Les dates et les lieux d'infamie sont précisés : PARIS 2 DEC. 1851 – SEDAN 2 SEPT 1870.


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1870 Satirisation de la corruption pendant la guerre
Médaille en étain bronzé ; 75mm ; 60g

Avers : EMPRUNT DE QUINZE MILLIONS * DEPARTEMENT NORD
Dans le cercle : une chaussure (un godillot ?)

Revers : Souliers de carton / Cartouches sans poudre / Tuniques en drap de coton / Pots de vin de toutes / dimensions de / 18 70

Satirise l'incurie qui se manifestait aussi bien au front que dans l'organisation des fournitures.


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1871 Victor Emmanuel Ier regravé en nouveau Pape

Suite à la bataille de Mentana où la troupe française a dispersé les volontaires garibaldiens, la satirisation avait ciblé des pièces à l'effigie de Napoléon III, pour l’affubler d’une calotte et le transformer en Pape. Quand la guerre franco-prussienne éclate, le contingent français se voit contraint de rentrer en France monter en ligne. L'armée italienne pénètre alors dans ce qui restait des Etats du Pape. L'Italie ne laisse de pouvoir temporel au Pape que sur un quartier de Rome : le Vatican.
Suite à cela, une tiare sera ajoutée sur des monnaies à l'effigie de Victor Emmanuel II. N'était-il pas le nouveau souverain de Rome, celui qui avait le véritable pouvoir ?


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1888 Boulanger Empereur

Général à l'origine d'un mouvement, le « boulangisme » qui fit chanceler la IIIe République. A la tête des armées en 1886, il adopte un discours musclé qui lui vaut les faveurs d'une population chauffée à blanc par la propagande nationaliste anti-allemande.
Il s'appuie aussi sur toutes les critiques sociales et politiques contre la IIIe République, fédérant des oppositions aussi bien à droite qu'à gauche.
Dans sa démarche pour prendre le pouvoir, qui échouera, il mettra en œuvre une propagande par divers supports essentiellement papier, mais aussi par des médailles. Des monnaies regravées circuleront également, mais il est difficile d'y voir une initiative organisée par les partisans de Boulanger. Plus probablement, est-ce l'œuvre de graveurs professionnels qui voyaient là un créneau commercial intéressant. Elles ont probablement ensuite circulé dans les milieux boulangistes.
La principale monnaie regravée de propagande le présente en bicorne d'apparat, le « NAPOLEON III » de la légende ayant disparu au profit de « BOULANGER I ». EMPEREUR est laissé ou regravé selon les exemplaires.
A ces regravures de soutien à la politique boulangiste, vont répondre des monnaies satiriques (parfois par les mêmes graveurs professionnels). On en connaît deux grandes séries : celles où le bicorne d'apparat est affublé d'une carotte, plantée au milieu. Celles où le cou de Boulanger est percé par une épée. Allusion à une blessure reçue lors d'un duel avec un député anti-boulangiste.

L'image montre plusieurs 10 centimes Napoléon III, tête nue, le support utilisé par les regraveurs. En haut une monnaie non modifiée 1856MA (atelier de Marseille).
En bas le portrait de Boulanger a été gravé par addition d'une barbe au portrait de Napoléon III. Il est coiffé du bicorne d'apparat et un col est dessiné. La légende a été entièrement regravée en BOULANGER I EMPEREUR. L'année 1888 a été regravée sur l'année de frappe qu'on ne distingue plus (on remarque quand même qu'il s'agit de l'atelier D, Lyon. Donc une frappe entre 1853 et 1857 inclus).
Au milieu, même transformation du visage de Napoléon III, surmonté, cette fois, d'un képi de général. Une épée lui traverse le cou et des gouttes de sang s'en détachent. Le col est dessiné de façon à laisser passer l'épée. La légende est aussi modifiée en BOULANGER I EMPEREUR, mais seul BOULANGER a été regravé. « III » est devenu « I » par effacement. L'année 1888 est aussi regravée à la place de l'année de frappe. On distingue la lettre d'atelier A (Paris) d'où une frappe entre 1852 et 1857 inclus. La monnaie a été « bronzée ». Le « bronzage a pratiquement disparu sur l'avers mais persiste sur le revers.
Les deux monnaies ont été percées pour être portées en collier.


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1897 Satire de l'alliance franco-russe
Médaille en plomb ; 50,5mm ; 43,62g

Avers : ANDENKEN AN DIE DENKWURDIGEN PARIS OKTOBER 1896. ST PERSBURG AUGUST 1897 (« souvenir de ces jours mémorables Paris octobre 1896 -St Petersbourg août 1897 »)
Un soldat russe barbu en uniforme et une Marianne couronnée d'un bonnet phrygien avec cocarde s'apprêtent à s'embrasser.


Revers : DIE WELT IST RUND UND MUSS SICH DREH'N / WIE BALD DIESE FREUNSCHAFT VERGEH'N sur deux lignes (Le monde est rond et doit tourner sur lui-même / De la même façon que cette amitié va s'en aller)
Dans le champ, un petit clown hilare chevauche un globe terrestre, posé sur des nuages, et sur lequel est inscrit FRANKREICH et RUSSIA.
A gauche du clown : IN MEMORIAM. Autour MOSKAU 1813 et SEBASTOPOL 1854
Signature : M&W ST en bas à gauche

L'alliance franco-russe se matérialise par la venue du Tsar à Paris en octobre 1896, au cours de laquelle ce dernier pose la première pierre de ce qui deviendra le pont Alexandre III. Le président Félix Faure lui rend la pareille en août 1897 et va pareillement poser la première pierre du Pont de la Trinité sur la Neva.
Cette médaille allemande satirise cette alliance toute neuve en rappelant les violentes embrassades passées lors des guerres d'invasion menées par la France (la campagne de Russie menant à l'entrée dans Moscou et la prise de Sébastopol).


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1914 Satire des alliés
Médaille en cuivre ; 29,5mm ; 10,97g

Avers : Dans le cercle, en tête bêche, le visage de John Bull en marin et de l'autre celui du diable. Le bas du visage de l'un sert pour le haut du visage de l'autre.
En légende : ENGLISCHE TÜCK BELGIENS GESCHICK

Revers : Dans le cercle, en tête-bêche un portrait russe avec un colback militaire et de l'autre un soldat français en képi.
En légende : FRANKREICH AUS LIEBE - TEILT MIT RUSSLAND DIE HIEBE.


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1915 Guillaume II satirisé dans les tranchées
En haut : 10 centimes Napoléon III ; bronze ; 1856MA ; 30,5mm ; 9,94g (poids théorique 10g)
En bas : 10 centimes Napoléon III tête nue ; date et atelier non lisibles ; 8,76g . Trouée pour être portée en collier et rebouchée.

Beaucoup de satirisations patriotiques vont être réalisées pendant la guerre essentiellement sur support papier : des affiches, des cartes postales. L’effort caricatural a également, mais modestement, touché la numismatique. Les monnaies à l'effigie de Napoléon III ont continué à circuler longtemps après sa chute. Elles n'ont été démonétisées qu'après la première guerre mondiale. La pratique consistant à transformer son portrait devait être encore présente dans les mémoires, d'autant qu'il n'était pas rare de trouver dans la circulation de telles pièces. Celle-ci a sans doute été l'œuvre d'un soldat dans les tranchées. Le « trench art », l'art des tranchées, a produit de nombreux témoignages, bibelots, briquets, etc., travaillés parfois par des professionnels du métier avec un outillage de fortune.
Sur cette pièce, au revers presque complètement effacé, tellement elle a circulé, le regraveur a transformé le portrait de Napoléon III en l'affublant des fameuses moustaches de Guillaume II. Cela s'est fait par champlèvement, en creusant la pièce autour du nouveau portrait dessiné.
La légende est modifiée en VOLEUR BANDIT. Guillaume étant accusé de vouloir prendre les territoires de la France (ses colonies en particulier).


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Revers : La mort distribue les tickets au guichet de la CUNARD LINE. Un homme tient un journal sur lequel ont lit U BOOT GEFAHR. (Danger sous-marins)
Au dessus ; GESCHAFT ÜBER ALLES (Le commerce par dessus tout)

La médaille a été réalisée par Goetz pour stigmatiser le sens du commerce de la Cunard Line qui a transporté un chargement de fournitures militaires en même temps que de nombreux passagers.
Cette médaille est parue avec une erreur de date : le 5 Mai alors que le naufrage a eu lieu le 7. Ultérieurement, des moulages seront refaits avec la bonne date.
Des répliques britanniques ont été fabriquées en abondance pour démontrer la cruauté de l'Allemagne, à la fois pour le naufrage et dans le fait de tirer une médaille pour le revendiquer (en plus avec une erreur de date qui prouvait, selon les anglais, la préméditation et le lien du médailleur avec l'armée).
Le transport de matériel de guerre a été nié, mais d'après des recherches récentes, le fait est avéré, ce qui explique aussi la rapidité avec laquelle le bateau a coulé.

Le boîtier britannique :
Sur le dessus du boîtier : Dessin du LUSITANIA. Texte dessous : RMS LUSITANIA / CUNARD LINE 32000 tons SUNK ON HER RETURN JOURNEY FROM THE UNITED STATES BY A GERMAN SUBMARINE MAY 7TH 1915
A l'intérieur du boîtier. The « Lusitania » (German) Medal. An exact replica of the medal which was designed in Germany and distributed to commemorate the sinking of the « Lusitania ». This indicates the true feeling the War Lords endeavour to stimulate and is proof positive that such crimes are not merely regarded favourably, but are given every encouragement in the land of Kultur. The « Lusitania » was sunk by a German submarine on May 7th 1915. She had on board at the time 1951 passengers and crew of whom 1195 perished.


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1916 Alliance franco-britannique
Bronze, 25mm pour chaque pièce (l'ensemble fait 43mm de long), 9,75g
Objet issu du « trench art », l’art des tranchées. La guerre de position supposant de longues attentes entre deux combats, un certain nombre de soldat ont fabriqué des objets au cours de ces pauses forcées. Sur cet objet George V et Marianne s'embrassent.
Avers et revers ont été travaillés indépendamment de façon à ce qu’au revers aussi, Britannia et Marianne soient en vis-à-vis.
Probablement réalisé par un soldat anglais qui avait un accès facile aux deux types de monnaies. On trouve ainsi dans le « trench-art » beaucoup d’objets mettant en scène l'alliance comme par exemple des briquets décorés avec deux monnaies de pays belligérants alliés.


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1918 Satire de l’abdication de Guillaume II
Argent 33mm 17,08g
DREI MARK 1910A
WILLHELM II DEUTSCHER KAISER KÖNIG VON PREUSSEN
DEUTSCHES REISCH
Trois marks 1910A (Atelier de Berlin)
Guillaume II, empereur des allemands, Roi de Prusse
Empire allemand

Le 9 novembre 1918, le soulèvement ouvrier prend de l’ampleur. Les conseils ouvriers se multiplient. A l’Ouest, l’armée allemande fait retraite. Guillaume II abdique alors. Il tire sa révérence et va poursuivre sa vie en Hollande, avec le luxe princier qui était le sien.
Des monnaies, essentiellement des trois marks, vont être modifiées par ajout d’une petite plaque en argent. Le portrait de l’ex-empereur va être affublé d’un « zylinder », un chapeau haut-de-forme. Ce type de couvre-chef n’était porté que lors des cérémonies funéraires. Sur ces monnaies, il symbolisait donc la mort du régime, voire la mort de l’Allemagne. On évalue à un millier la quantité de pièces qui ont été modifiées à l’époque.


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1923 Satire de l'occupation française en Allemagne
Médaille frappée, en bronze, de Karl Goetz ; 36mm, 25,62g
Kienast 299

Avers : DIE WACHT AN DER RUHR (La garde sur la Ruhr)
La légende parodie une chanson patriotique conçue après la chute de Napoléon Ier « Die Wacht am Rhein », « La garde sur le Rhin ». La France est alors vécue comme le plus grand des dangers, avec le souvenir de l'humiliation de Iena. Marianne, en bonnet phrygien avec cocarde et un fouet sur l'oreille. Karl Goetz s'est attaché à en donner une image de cruauté et de vice.
Dessous FRATERNI / TE – (fraternité moins)
Signature de l'auteur K.G

Revers : DIE WEISSE SCHMACH (La honte blanche)
Marianne étrangle fermement un homme tout en regardant ailleurs.
Autour 1923
Dessous AUS PARISER JOURNAL (Tiré du Journal de Paris).
La gravure illustre le traitement très dur de la population pendant l'occupation française. Durant une opération dans la petite ville de Buer, entre Recklinghausen et Gelsenkirchen, un forgeron allemand est provoqué par la troupe française. Il riposte et tue des soldat. Suite à cela, la réaction brutale de l'armée d'occupation étrangle presque toute activité dans la ville de Buer. La médaille met en image cette asphyxie brutale de la ville.
 
Informations tirées du Kienast « The Medals of Karl Goetz » 1967.


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1944 Contremarques anti nazi
2 Francs Chambre de Commerce 1924 bronze-aluminium, 27mm, 7,91g
1 Franc Etat Français 1944 Aluminium, 27mm, 2,20g

La 2  Francs Chambre de Commerce est garnie de deux marques de poinçon : une croix de Lorraine surmontant un « V » de la victoire. Ces contremarques sont, bien entendu, gaullistes. Elles ont probablement servi de propagande dans la dernière période d'occupation.
La 1 Franc Etat français montre une francisque frappée d’une croix gammée. C'était une façon de contester l'indépendance de l'Etat de Vichy et de signifier sa subordination aux nazis.
On ne peut pas dire si cette contremarque est gaulliste. Elle a pu être réalisée par d'autres réseaux qui n'avaient pas à leur disposition un sigle d'identification.


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1961 Guerre d’Algérie
Bronze-aluminium 23,5mm 4g
La création de l’OAS, en 1961, se traduit par une campagne de propagande sur les monnaies par le moyen de contremarques. Une fois contremarquée, la pièce rejoignait la circulation monétaire. Plus qu’une simple expression, ces contremarques manifestaient les ambitions de prise du pouvoir de ses auteurs, au moins pour ce qui est de l’Algérie.
A cette propagande, le FLN répondra par d’autres contremarques.
Les deux monnaies représentées sont des 20 Francs dit « Guiraud » du nom du graveur Georges Guiraud. Toutes deux frappées en 1950. La contremarque OAS a été réalisée sur le revers alors que la contremarque FLN se trouve sur l'avers. (Aucune logique dans cette disposition, les contremarques sur ces monnaies se retrouvant aussi bien sur l'un ou l'autre coté).


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1972 Nixon et le scandale du Watergate
Plaque en argent à 999/1000 50mm x 29mm ; 31,33g (soit plus que l'once affirmée qui fait 28,35g)
Plaque en bronze 48,5mm x 25,5 ;  33,75g

Le 17 juin 1972, 5 « cambrioleurs » sont interpelés dans l'immeubre du Watergate, siège du parti démocrate. Ils s'avèrent être des agents du renseignement, utilisés par Nixon pour espionner ses adversaires. A la suite d'une enquête de journalisme, puis d'investigations officielles, une procédure de révocabilité est entamée contre Nixon. Celui-ci n'attend pas l'issue et préfère démissionner le 9 août 1974.

Ces plaques ont été produites pour commémorer l'événement. Celle en argent montre un magnétophone avec, devant lui, un insecte muni d'écouteurs (insecte se dit bug en anglais). Un bug (terme informatique signifiant un dysfonctionnement rendu par bogue en français) ayant désorganisé le système de renseignement mis en place par Nixon à son profit.
La plaque en bronze montre Nixon, prenant la pose de l'un des trois singes japonais de la sagesse « Ne rien entendre de mal ». Nixon n’aurait été au courant de rien, point de vue qu’il défend pendant une grande partie de l'affaire.


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